Et je suis revenu avec le soleil de mai, avec les ouvriers pour chanter dans les rues, comme au temps du raz l’bol des bourgeois du quartier.
Dirent qu'on est plus d'accord avec leur société et que c'est pour l'espoir, non pas pour la guerre, qu’on vient casser l'miroir des vieux ministères.
La fontaine Saint-Michel s'évapore en pissant.
Les pavés qu'on arrache c'est pas avec des gants qu’on va changer le monde et le courant des choses.
Une rose à la main, la rage entre les dents, en traversant la fumée des CRS, d'la police même si les arbres tombent sur les grands édifices.
C’est pour nos barricades jusqu'à la dernière branche qu’on se r'trousse les manches... en criant : béton, métal, pavés, cristal et poing levé et poing levé.
Je r'viens du Panthéon par dessus les bagnoles pendant que la mienne brûle à la rue des écoles.
Nos poings se lèvent encore bien plus haut que nos rêves.
Les yeux nous piquent à mort bicause les bombes.
Les bombes lacrymogène qui roulent qui tombent sur la chienlit qu'on nous appelle au quartier du Latin, pendant qu'une jolie blonde avec Cohn-Bendit donne des fleurs aux flics d’vant la Sorbonne.
Béton, métal, pavés, cristal et poing levé et poing levé.
Et ça crache, ça fume, on tire sur nos poèmes, sur les affiches au mur, sur tous nos je t'aime.
La nuit nous fait partout l'amour, pas la guerre ! De Saint-Michel au Luxembourg.
Et je suis revenu avec le soleil de mai tout en courant dans les rues pour voir jusqu'où ça ira, ça ira, ça ira, ça ira, ça irait.
Béton, métal, pavés, cristal et poing levé et poing levé.
Béton, métal, pavés, cristal et poing levé et poing levé pourPour voir jusqu'où ça ira ça ira ça ira ça ira ça ira ça ira ça ira.