New York tu as trop bu ce soir, tu es tombé de ta balançoire avec tes prix, avec tes poires, juste au-dessus de Central Park, en me disant t'aurais pas cent balles j'ai Wall Street dans mes amygdales.
J'n'ai plus un sou dans mon tiroir, il a cassé son cigare, dégueulé ses dollars en se mirant dans le miroir, en se disant my God Non, ça n'est plus mon autoportrait.
Big Joe pourtant dessinait bien c'était un grand figuratif mais ses yeux regardaient les saints à l'intérieur de son cerveau.
Il n'a pas pu faire autrement que de peindre la réalité rentré de guerre les yeux crevés.
New York tu as trop bu ce soir, tu es tombé de ta balançoire dans le sourire de Marylin qui t'avait fait tellement loucher quand tu visais les vietnamiens tout en te bouchant les oreilles pour mieux tirer dans les étoiles, les étoiles.
Big Joe lui rentrait de la guerre pendant qu'on tournait un western quand Pat Garrett a flingué Billy en train de faire l'amour.
Il a tiré sur le banquier qui sortait je crois des pissoirs en allumant un gros cigare.
Il a cassé son cigare, dégueulé ses dollars en se mirant dans le miroir en se disant my God non, ça n'est plus mon autoportrait.
New York tu as trop bu ce soir tu es tombé de ta balançoire et t'as plané comme un frisbee tout en frisant la catastrophe quand tu t'es pendu sur Harlem que t'as vu les pompiers qui dansaient autour des flammes de la haine.
Big Joe lui bouffe des spaghettis chez le rital près de Broadway.
Il est tombé sur le tapis au dernier match à Miami mais il m'a dit je m'en balance je ne vois plus où est l'avenir, lutter pour qui vois-tu je danse, je danse.
Il a cassé son cigare, dégueulé ses dollars en se mirant dans le miroir, en se disant my God Non, ça n'est plus mon autoportrait.