Le troupeau traverse un village c'est la montée de chaque été comme un carillon bleu d'église d'une musique en liberté. Jean-François Nicod se retourne pour chanter encore. Entend l'écho dans la vallée depuis là-haut. Le plus ancien des vieux bergers va-t-il passer près du barrage où son fils était ouvrier. Ça fait 15 ans là qu'il s'arrête, qu'il ôte son chapeau de la tête, c'est là qu'son fils son fils son fils accidenté. Son chien le tire par les souliers, il n'aime pas le voir pleurer non ! Faut continuer, le plus jeune a les mains meurtries tell'ment c'était dur les clôtures à refermer et les adieux de la fille, de la fille du café du coin. Ils arrivent au dernier névé c'est là c'est là qu'l'année passée, la nuit dans la neige au mois d'août, ils ont perdu leurs cinq génisses. Elles ont glissé va savoir où dans l'précipice. Aujourd'hui le ciel dans les yeux, ils arrivent en haut à pas lourds au pâturage au pâturage au pâturage.