Je viens de la terre là où mon père est enterré dans un cimetière là où encore c'est parfumé.
Ailleurs mes frères n'ont plus l'temps de faire pousser le soleil, ils vivent dans un décor et moi chu tout désaccordé.
Je viens de la terre mais ma terre a l'air d'un trou, les archanges des métropoles en ont fait leurs cailloux et mes frères dev'nus sourds m'ont encore demandé.
Pourquoi tu chantes encore mon vieux t'es complèt'ment fou.
Fou je suis je pense puisque je n'ai pas le sou.
Fou puisque je danse pendant que vous tournez la roue mais toi qui rigole, qui rigole, regarde-toi dans les yeux.
Tu es un enfant tu es mais ici c'est qu'on devient vite vieux.
Je viens de la terre mais ma terre sent la fumée.
Elle n'a plus l'odeur des foins des fleurs sous mes souliers.
Mes frères ont dans la peau plus que le sang gris de l'argent et ils n'ont plus qu'dimanche et encore pour s'en aller boire le temps, boire le temps boire le temps boire le temps boire le temps.
Je viens de la terre mais j'en suis tout retourné et que le temps la perd à vouloir tant et tant la semer dans un champs de labours qu'a perdu son amour de la terre.
Je viens de la terre là où mon père est enterré.