Au grand barrage
On reprend la saison qui crache dans les bétonnières au milieu des grues métalliques pendues dans le vide à 3000.
Ça brille et l'écho vous arrache là-haut tous ces gars qui s'attachent à demi couchés sous la roche dans les odeurs et la poussière de l'huile de la mort et des marteaux piqueurs.
Au grand barrage il était une fois du soleil, des grands aigles et du beau chamois.
Il était une fois du soleil «O Sole Mio».
Il était une fois du soleil mais tous les matins ça explose, mais tous les matins ça explose, là juste au dessus de la glace avec ces kilos d'dynamite.
Un jour le glacier va céder pour tuer au grand barrage, au grand barrage.
Et ce soir ils sont arrivés, les saisonniers les ouvriers, tous émigrés de par le monde dans leur train sifflant la misère, crevant la nuit des grands départs.
Et ce train là ce soir Gino vient d'Italie vient d'Italie.
T'as dû repasser la douane mais pas au bras au bras d'une dame, mais «tutto solo».
La femme elle elle reste au pays loin d'ici.
T'as dû repasser la douane mais pas au bras au bras d'une dame Gino, mais «tutto solo O Sole Mio» au grand barrage.
Au grand barrage on reprend la saison qui crache dans les bétonnières au milieu des grues métalliques pendues dans le vide à 3000.
Antonio joue d'l'accordéon pour chanter le soir que tutto va bene que tutto va bene que tutto va bene.