Au bout des quais de Manhattan, quand l'Hudson se change en lagon, Broadway soudain devient Taïwan. Les aigles font place aux dragons. Le nez retroussé des pagodes regrette les épices de Canton. Les coolies s'habillent comme Charlie Brown à Chinatown. Wall Street c'est la grande muraille, côté New York côté Shanghaï. Des jupes fendues qui s'entrebâillent, des paravents des éventails, c'est Chinatown. Sur les eaux noires de l'East River dérivent les jonques avec junkies. Bruce Lee se bat dans Yang-tse Street, moitié Manchou, moitié Yankee. Caché sous la ville interdite, Fu-man-chu tire sur Charlie Chan, pique son opium, se planque downtown à Chinatown. Ici rien n'est Jamais rouge à part la queue d'un cerf-volant, la lanterne d'un bar ou d'un bouge. Bouddha s'endort sur son volcan. Wall Street c'est la grande muraille, côté New York côté Shanghaï. Les cow-boys se font Samouraï sous la casquette de Charlie Brown à Chinatown. Pour les Jet-setters du Texas t'es Geisha ou frappeur de gong. Les seuls pékinois d'Dallas viennent d'un chenil en Oregon en Cadillac ou en pousse-pousse. Ils paient pour visitar Hong Kong mais on n'verra jamais Charlie Brown à Chinatown, Chinatown, Chinatown, Chinatown. Canards laqués ou apple pies, côté New York, côté Shanghaï, Chinatown, Chinatown, Chinatown. Côté New York, côté Shanghaï, Chinatown, Chinatown, Chinatown.