Tu réves au fond de tes yeux noirs, t'as bien de la peine ce soir, tu es si loin d'tes amigos, de ton pays des cantinas, de tes amis guérilleros et de Siqueiros.
Tu ne sais plus pourquoi t'es là, tu parlais encore d'une couleur, celle qui revient quand tu t'en vas, comme les enfants d'la guérilla.
Amigo's Poncho, toi qui fait la fête aux couleurs qui viennent du sang qui crachent du coeur, tu ne sais plus ce qu'il faut faire.
Lâché au milieu d'hommes d'affaire, tu es si loin d'tes amigos et de Siqueiros.
Un jour t'as cassé ta guitare sur ces papillons du grand art qui te demandaient bin voyons !
Qu'avez-vous peint pour nos salons, Amigo's Poncho ?
Tu rêves au fond de tes yeux noirs, tu ne dis rien tu les écoutes, tu as l'expérience de l'espoir et du silence au bout d'la route.
Tu bois ton verre ça je l'avoue, plus qu'il n'en faut sacré vieux frère.
T'es fasciné puis tu t'en fous, tu es si loin d'tes amigos, de tes amis guérilleros et de Siqueiros.
La vie est là comme un tambour qui vous annonce l'indifférence comme dans un bon vieux salon d'France à l'heure où s'éteint la couleur.
Ton coeur s'noie dans la Tequila et toi tu me parles encore du Grande et de Siqueiros.
Le Rio fume tell'ment c'est chaud, comme les seins nus d'une belle indienne surprise au bain dans le Bravo.
Dans ton tableau de terre de Sienne depuis l'Europe aux p'tits ruisseaux qui coulent comme des vieux préjugés quand les corbeaux croassent en maître avec des cocardes en papier alors qu'les p'tits oiseaux voudraient tant chanter pour l'avenir.
Amigo's Poncho, tu rêves au fond de tes yeux noirs.
T'as bien de la peine ce soir.
Tu es si loin d'tes amigos, de ton pays des cantinas, de tes amis guérilleros et de Siqueiros.
Après avoir bu toute la nuit, après avoir parlé des heures avec tes mots comme tes couleurs qui deviennent de plus en plus noirs.
Fasciné par tes longs discours, sacré vieux frére dans l'escalier tu m'as encore app'lé Rean Pierre, t'étais trop saoul pour les grimper.
Tu t'agrippais à la barrière croyant qu'c'était celle du patio où t'invitais tes amigos, tous tes amis guérilleros et Siqueiros.
Tu parlais encore d'une couleur celle qui revient quand tu t'en vas comme les enfants d'la guérilla rêvant d'un cheval de bataille dans un grand soleil rouge émail.
Amigo's Poncho, Adios